Dans l’entre-deux tours, Thierry Bret nous livrait cet article suite à la visite de Jean-François Kahn à Tonnerre. Les bons papiers vivent au-delà des événements. Mieux, ces derniers les nourrissent.

 La centralité demeure l’apanage de l’être…

La défense du patrimoine fromager et de ses appellations au lait cru aurait pu être l’un des fils d’Ariane de la campagne électorale en Bourgogne Franche-Comté. L’affirmation, un tantinet ironique, émane de l’écrivain-journaliste, Jean-François Kahn. Démontrant ses capacités d’analyse, l’homme de média n’a rien perdu de sa verve habituelle ni de son talent d’orateur.

De passage à Tonnerre avant le premier tour du scrutin, l’ancien éditorialiste de feu « L’Evénement du Jeudi » et de « Marianne » devait apporter sa contribution intellectuelle à l’une des listes prétendantes au pouvoir suprême : l’UDC (Union du Centre), pilotée localement par le tandem, Dominique AGUILAR/Laurent DEVELLE.

En vieux briscard de l’idéologie politique non dénuée d’humour qu’il demeure, JFK (le nôtre pas l’américain) a expliqué les prémices d’un désastre annoncé pour la démocratie. Pas celui des multiples listes inscrites courageusement dans cette compétition sous le sceau du pluralisme et de la liberté d’opinion. Mais, plutôt, celui de la fin d’un monde sociétal tel que nous l’avons connu depuis l’Après-guerre. Pas à pas, l’homme de lettres a dénoué cette pelote envahissante que représente à ses yeux le Front national. Remontant à ses origines maurassiennes au plus profond de notre Histoire. Marquant chaque étape d’une pierre blanche où les thèmes de la famille, du patriotisme, de la laïcité et de la nation ont progressivement changé de camp. Ils sont devenus aujourd’hui l’apanage du seul parti politique qui a frôlé les 28 % d’opinions favorables au soir du 06 décembre 2015.

Croyant encore aux seules vertus de la centralité poussées à leur paroxysme, sans sombrer cependant dans trop de leurs visions utopiques, Jean-François KAHN aura su trouver les mots justes afin de signifier son refus face à l’abnégation et au fatalisme de circonstance. Mais, n’est-il déjà pas trop tard pour réagir ?