Une triangulaire qui contrarie les sondages

Le tripartisme aura eu raison des ambitions politiques de la droite républicaine en Bourgogne Franche-Comté. A l’instar de plusieurs territoires de l’Hexagone soumis à cette même équation à une inconnue, on promettait une vague bleue version tsunami malgré un premier tour peu avantageux pour les représentants des Républicains et de l’UDI.

La plupart des pronostics avancés par les instituts de sondage et médias régionaux qui donnaient des ailes à certains d’entre eux ont ainsi été déjoués. Il est vrai que dans un ménage à trois, il y a toujours un gagnant et deux perdants. Mais, en l’occurrence, ceci ne se vérifie plus dans la physionomie actuelle de la politique française.

Au soir du second tour de scrutin, les perdants se situaient à droite, les vainqueurs étaient classés à gauche sans triomphalisme. Quant à l’extrême-droite, elle perturbait le jeu électoral réaffirmant une rhétorique coutumière de ne jamais s’avouer battue quels que soit les suffrages obtenus même si la défaite pouvait s’avérer cuisante eu égard aux résultats de ses principaux ténors au plan national…

Cette nouvelle configuration du tripartisme a procuré des situations inhabituelles faites d’incertitudes et de remise en question auprès des formations traditionnelles. Beaucoup de suiveurs de la chose politique s’attendaient au succès de la liste de la droite républicaine en Bourgogne. On disait le bilan de l’équipe sortante mitigé. On pensait que le retrait de François PATRIAT serait préjudiciable à son éventuelle successeur, la franc-comtoise Marie-Guite DUFAIX. Bref : les commentateurs avaient refait le monde avant même qu’il ne soit créé ! Belle erreur d’appréciation !

La Franche Comté tire la Bourgogne sur sa gauche

Terre de gauche traditionnelle, la Franche-Comté a donc pesé plus que jamais dans le résultat de ces premières élections régionales de fusion. La forte poussée de la candidate frontiste au lendemain du premier tour (des scores à plus de 35 % dans certains départements dont l’Yonne) aura été fatale aux velléités de gouvernance de la droite républicaine. Après un net recul de celle-ci, il faudra vite digérer les effets d’une défaite au goût teinté d’amertume. Il sera nécessaire de revoir la copie avant les prochaines échéances dans six ans sous peine de revivre le même cauchemar et pareille désillusion. La droite sera-t-elle confrontée au théorème de Jean COCTEAU avec ce cas d’école inspiré de « L’éternel retour » ?