En marge du médiatique salon de l’Agriculture

D’un improbable échange sur le papier, la rencontre publique, programmée le 12 février à VINCELLES, entre les professionnels des filières agricoles et les représentants de la grande distribution s’est transformée en une première réussite. Même si les avancées pratiques demeurent suspendues à des conciliabules qui se formaliseront ultérieurement.

Un cap a été franchi. Celui de la concertation et du dialogue. Celui de l’explication de texte sur les agissements des uns et des autres en tissant d’infimes liens de compréhension. On doit ce rendez-vous, qualifié de celui de la dernière chance par certains des intervenants, à la pugnacité et au courage de deux responsables de structures syndicales et associatives, ouverts à la communication.

Une volonté de dialogue

En premier lieu, le patron de la FDSEA de l’Yonne, Francis LETELLIER. Le président de la Fédération départementale des Syndicats d’exploitants agricoles n’a pourtant pas d’ordinaire sa langue dans sa poche. Parfois véhément, souvent truculent, ce défenseur de la cause agricole et de la ruralité sait aussi préconiser l’atout revendicatif du verbe et de la parole.

Le second monsieur « bons offices » se nomme Julien CAILLARD. Il est à la tête du mouvement des Jeunes agriculteurs depuis plusieurs années. Cette structure a le mérite de fédérer les nouvelles générations qui croient dur comme fer à la pérennité de leur filière. Et qui en vivent les pires des difficultés à cause d’une crise profonde.

Ensemble, ils ont osé réunir face à un public plus ou moins hostile les autres acteurs économiques de ce corporatisme parfois hermétique aux yeux de l’opinion publique : ceux de la transformation, de la distribution, des coopératives, des grossistes afin de provoquer l’électrochoc nécessaire, préalable à toutes négociations et accords. La FDSEA et les Jeunes agriculteurs ont su montrer un tout autre visage de leurs facettes respectives lors de cette matinée où étaient volontairement exclus les représentants des milieux politiques et institutionnels.

Dans l’Yonne aussi, il y a urgence !

Ce sera sans doute la prochaine étape de ce délicat dossier où l’entente est loin d’être parfaite. Certes, la revalorisation du travail des producteurs agricoles était au centre de tous les intérêts de cette rencontre montée de toute pièce en un laps de temps record. Le mot d’ordre des deux structures organisatrices était limpide : « la cohésion, le rassemblement, autour d’objectifs communs, doivent permettre de relever les défis pour extraire les agriculteurs d’une impasse économique insurmontable… ».

Mais, au-delà de ces arguties, il ne faut pas oublier les hommes. Et ce témoignage émouvant d’un éleveur qui a avoué avoir déjà passé par deux fois un nœud coulant autour de sa gorge et se raviser face à l’inexorable. Le dialogue et la concertation ne représentent-ils pas une plus belle alternative pour sortir de l’ornière ?