Le sport auxerrois jusqu’au bout du monde

Début janvier, Clément BERARDO est passé tout prêt du jackpot lors de l’Open d’Afrique du Sud de golf. Quatrième à quatre longueurs du dernier trou, l’Auxerrois a finalement échoué à la 21e place après quelques petites erreurs qui lui ont coûté plusieurs dizaines de milliers d’euros… Malgré la déception, ce résultat relève de l’exploit pour le golfeur de 29 ans, qui a réussi à passer le « cut » (deuxième tour) lors de ses trois premiers tournois sur l’European Tour. « Dans ce sport, tout peut aller très vite… dans un sens comme dans l’autre ! », résume l’intéressé.

Initié au golf par son père, Rémi, professeur de tennis au Stade Auxerrois depuis 36 ans, Clément a d’abord tâté de la petite balle jaune avant de fouler les greens. À 11 ans, il était classé 30 et disputait déjà des tournois contre des adultes. C’est avec son père, adepte du golf, que l’adolescent découvre la petite balle blanche pendant les vacances. Jusqu’au jour où, pour pallier l’absence d’un coéquipier de Rémi lors d’un tournoi par équipe, le fiston dispute à 13 ans sa première compétition de golf au pied levé. « J’avais déjà décelé les prémices d’un talent, confie le paternel. Ça a été le déclic. »

Parcours du combattant…

Laurent CAHUZAT, ancien professionnel devenu professeur au Golf de Roncemay (Aillant-sur-Tholon), accepte alors de le former. Après seulement trois ans, l’apprenti golfeur se qualifie aux championnats de France minimes et décide d’arrêter le tennis. Bac scientifique en poche au lycée Joseph Amyot d’Auxerre, celui qui se voyait ingénieur se met à rêver d’une carrière de golfeur. « À 18 ans, il nous a présenté ce projet, se souvient Rémi. Comme j’avais moi-même le regret de ne pas être entré en centre de formation pour le football, nous lui avons donné notre accord avec ma femme ».

Commence alors un véritable « parcours du combattant » entre le Roncemay, où Clément s’entraîne quotidiennement, Lyon, où il prend conseil auprès de l’ancienne pro Corinne SOULES et les tournois à travers l’Europe, où l’accompagne sa mère Annick, ancienne joueuse de tennis. Mais le jeune homme comprend vite. À 21 ans, il intègre le pôle espoirs de La Grande-Motte et l’équipe de France. Avant de poser ses clubs au centre de Terre Blanche, dans le Var, où il se prépare aujourd’hui aux côtés des meilleurs Français.

L’espoir de vivre de son sport

Dans ce cocon, Clément poursuit sa progression. Passé professionnel en 2013, il s’extrait rapidement de l’Alps Tour, un circuit satellite, pour gagner sa place dans le Challenge Tour, antichambre de l’élite européenne. Malgré une blessure à la main début 2015, il parvient en fin de saison à intégrer l’European Tour, où il peut espérer vivre de ce sport très onéreux. Entre les déplacements, le matériel et la rémunération de son staff (entraîneur, caddie, préparateur physique et coach mental), son budget annuel s’élève à près de 100 000 euros. Le golf demeure une passion qui coûte cher mais qui peut rapporter gros !