Tribune :
Quand Radyonne se met au Vert

Pour l’avoir croisée à la Saint-Vincent d’Irancy, nous savions que l’équipe de Radyonne puisait son inspiration dans l’imprégnation du terrain et pouvait même consentir à se mettre au verre si nécessaire. Avant Paris et le Salon de l’agriculture, notre ami journaliste s’en était allé cueillir quelques alternatives écologiques à Lyon. Il nous en rapporte ces photos et lignes engagées.

500 exposants pour les 30 ans du Salon Primevère à Lyon

Les 26, 27 et 28 février dernier un événement moins médiatique que le salon de l’agriculture de Paris s’est déroulé, la 30ème édition du salon Primevère à Lyon. Rendez-vous des alternatives écologiques, il réunit tous ceux qui pensent qu’on peut se faire du bien sans se faire de mal, et sans bousiller notre Terre Mère, Gaïa, Pacha Mama et autres respectueuses et vivantes appellations. J’aimerai, en « président de la synthèse » répondre à ceux qui aux extrêmes frontières de l’écologie, pensent que « ça commence à bien faire » et que les « jihadistes verts » contredisent les vertus d’un marché sans bornes ou qu’à l’inverse le monde a sombré dans le chaos et la conspiration dans le but de pomper directement la sève vitale de 7 milliards d’êtres humains au profit des 1% de vampires « reptiliens » et que notre salut repose uniquement dans l’abstinence, la contrition et l’élimination de la moitié de l’humanité.

A cela je veux juste montrer l’existence d’une voie médiane, illustrée par Paul Ariès ou Pierre Rhabi par exemple, celle d’une bien nommée « sobriété heureuse ». Ces chantres d’une écologie moderne et d’une économie à visage humain n’ont rien inventé, ils sont les dignes descendants philosophiques d’Épicure qui n’a rien du jouisseur sans frein, du partouzeur et du picoleur éhonté qu’on dépeint aujourd’hui afin de justifier une vie de débauche sombrant « dans le stupre, la fornication », la consommation à outrance, qui conduit invariablement à l’infarctus, aux cancers et à l’AVC.

Nos penseurs nous ouvrent la voie des alternatives écologiques

Épicure a simplement théorisé le principe de plaisir, étendu à une bonne santé et à l’équilibre psychologique ; principe qui privilégie les actes qui font du bien non seulement dans l’immédiat mais dont les répercussions sur le long terme ne brisent pas l’harmonie fragile individu/société/environnement. « De la mesure en toute chose » disait Horace, proposant, à la suite d’Épicure, d’explorer en conscience mais sans frustration toute l’étendue des plaisirs que nous offre la vie.

Cela n’est pas facile et demande une certaine discipline faite à la fois de méditation introspective, de déambulation nonchalante mais attentive, de solidarité sociale et de coopération, de critique constructive et bienveillante, d’attention portée à soi et à son semblable (alter ego= autre soi) et d’un peu de travail !

Si les extrêmes sont utiles à la connaissance des limites à ne pas franchir (même si on peut parfois les repousser) c’est au milieu de la passe que l’on gouverne afin d’éviter de sombrer sur les récifs de l’autoritarisme et du dictact. Il y a peut-être une forme de vérité, en tous les cas de bonheur à chercher entre les « bouffeurs » corrompus et les ascètes pisse-froid et peine à jouir.

ADL

Promenade au Salon :