Brienon Sur Armançon ? Suivez la flèche.

À Brienon-sur-Armançon, paisible cité de 3 300 âmes, la forêt, les eaux et les vieilles pierres renferment une place forte du tir à l’arc français : le club de la Sentinelle, repaire de plusieurs champions internationaux. Tous les soirs de la semaine, des dizaines d’archers de tout âge se pressent dans la petite salle d’entraînement et, aux beaux jours, sur le vaste pas de tir extérieur afin de rivaliser de précision, ou simplement pour le plaisir de tirer quelques flèches…

La Sentinelle, un grand club ?

« C’est de l’artisanat à grande échelle, résume François DEGRANGE, entraîneur et président du club de 150 adhérents qu’il a fondé en 1995. Nous sommes une petite structure familiale, pas une usine. On arrive à perdurer grâce à un entourage qui nous aide beaucoup ». C’est autour de ses proches, famille et voisins, que ce passionné de tir à l’arc a fait grandir le club, qui comptait au départ une dizaine de pratiquants. Parmi eux, Bérengère SCHUH, alors âgée de 12 ans, est rapidement devenue la tête de file de l’équipe féminine, ne tardant pas à décrocher ses premiers titres internationaux : championne d’Europe cadette en 1999, championne du monde en salle en 2003, championne d’Europe en plein air en 2008 et médaillée de bronze olympique par équipes en 2008.

Brienon plutôt que Marseille…

Dans le sillage de la Brienonnaise, auréolée d’un second titre européen en 2012, l’équipe féminine du club a progressivement assis sa domination en France et en Europe avec 11 titres nationaux depuis 2005 et deux sacres continentaux en 2008 et en 2015. Entre-temps, le collectif s’est étoffé avec l’arrivée d’une autre championne d’Europe, la Marseillaise Laura Ruggieri (20 ans), qui « rêvait de venir à Brienon parce qu’elle est fan de Bérengère », glisse Éric KACZMARECK, trésorier du club et père d’Élodie, recordwoman de France cadette.

Chez les hommes, l’émulation a également produit d’excellents résultats avec la montée en première division de l’équipe masculine en 2015, et surtout plusieurs podiums internationaux en handisport. Après avoir initié Stéphane GILBERT au tir à l’arc en 1995 au centre de rééducation de Dijon, le Brienonnais Fabrice MEUNIER a remporté avec lui une médaille de bronze mondiale par équipes en 2005, avant de décrocher l’argent en individuel aux championnats d’Europe en 2006 puis aux Jeux paralympiques de Pékin en 2008. Huitième en Chine après une première participation aux Jeux d’Athènes en 2004, Stéphane GILBERT a quant à lui retrouvé un second souffle en devenant vice-champion du monde et d’Europe en 2013 et en 2014.

Trois prétendants aux Jeux de Rio

Pour tenter d’expliquer le secret de cette réussite, ce dernier met en avant l’émulation entre les archers valides et les 40 à 50 pratiquants qui, comme lui, présentent un handicap physique ou mental. « Il y a une vraie alchimie entre les tireurs, confie Stéphane GILBERT (44 ans), qui tire en fauteuil et fait partie de l’équipe valide. Cette mixité est très intéressante. Nous avons aussi de très bonnes installations, que beaucoup de clubs français nous envient ». Bien placé dans la course à la sélection, l’Icaunais vise une première médaille paralympique cet été aux Jeux de Rio, où il devrait retrouver ses coéquipières Laura RUGGIERI et Bérengère SCHUH. « Ils ont tous les trois une grosse carte à jouer », assure François DEGRANGE. Et un même objectif : placer Brienon-sur-Armançon au sommet de l’Olympe.