Qui n’a jamais entendu parler de la fameuse série télévisée Game Of Thrones ?
La série produite par HBO se nourrie de divers univers thématiques, à commencer par celui de la politique, où comme son nom l’indique, il s’agit du « Jeu du Trône »…
Dans un monde irréel, où il n’est pas rare de croiser dragons, squelettes et autres bestioles farfelues, les luttes de pouvoir font rage pour essayer de conquérir le Trône de Fer.

« Winter is coming ! »

Ce que l’on sait moins, c’est que cette série télévisée est en réalité issue d’une saga littéraire, du même nom, écrite par Georges Martin, un écrivain américain oscillant entre un Maurice Druon et un J.R.R Tolkien.
J’avoue ne jamais avoir lu les livres de Martin et me contenter des épisodes de cette série, qui comme à chaque saison nouvelle, s’avèrent aussi beaux visuellement qu’intéressants intellectuellement.

Mais d’où sort cette série ? C’est, à mon sens, une sorte de quintessence de l’univers de Tolkien, des Rois Maudits de Druon, ainsi que les relations des dirigeants des Cités-Etats Italiennes de la Renaissance, décrites par Machiavel, notamment, dans Le Prince…
Vous allez me dire, qu’est-ce que tout cela ont en commun ?! Le Pouvoir, bien sûr ! Et surtout, comment tenter de le conserver…

Une série plus historique qu’elle n’y paraît

Jusque-là, je vous le concède, pas besoin de remonter au Moyen-Âge pour évoquer les luttes de pouvoir… Sauf que Game of Thrones ne répond pas à nos critères d’aujourd’hui, et c’est bien là toute la finesse de cette série qui allie réflexion actuelle avec « décor » historique.
Le système juridique et politique de la série repose sur une société féodale, où chaque province dispose d’un Seigneur qui doit allégeance au Gouverneur de région, qui lui-même doit prêter serment d’obéissance au Roi du « Royaume des Sept Couronnes » (pour les 7 régions).
C’est un système de féodalité classique que l’on retrouve dans la société de notre Philippe le Bel, cher à Maurice Druon.
Les caractères des personnages de la série sont aussi à mettre en perspective de ceux des Rois Maudits : la Louve de France se confond allégrement avec Cersei Lannister, la mère du Roi de la série : sens de l’État, sans-scrupule, stratège politique, mère aimante…

L’autre aspect de cette série et qui rappelle les Cités-Etats Italiennes, est que le Royaume se compose d’une dizaine de grandes familles, régnant sur des provinces plus ou moins étendues, voir sur une seule Cité.
Le rapprochement est aisé, entre les familles Colonna, Orsini, Medicis, Borgia, Farnese, Sforza et Este, qui se battaient pour accéder au Trône de Saint Pierre de Rome et les imaginaires familles Baratheon, Lannister, Stark, Tully, Targaryen, Greyjoy et Tyrell qui se battent pour accéder au… Trône de Fer de Port-Royal.

George Martin pousse la similitude encore plus loin, en prenant exemple sur le moine Florentin Jérôme Savonarole, qui prêchait une foi rigoureuse en contradiction avec les mœurs sans doute très libertines du Pape de l’époque, Alexandre VI, de la famille Borgia… On retrouve donc ce personnage sous les traits d’un prêtre imaginaire ayant les mêmes griefs contre la famille dont le Roi du Royaume est issu. Pour la petite histoire, on pense que l’un des deux fils d’Alexandre VI, le célèbre César Borgia, délogea malicieusement ce moine encombrant de Florence… Je ne veux pas vous « spoiler », mais je suis prêt à prendre les paris qu’un certain Jamy ou Tyron Lannister mettra hors d’état de nuire le prêtre imaginaire…

Essayez, vous ne serez pas déçus !

Si vous êtes férus d’Histoire, de stratégie, de politique, de fantasy et bien sûr de suspens alors cette série est faite pour vous !

Allez, rendez-vous demain pour vos impressions, en commentaires !

En vidéo, une explication de l’univers de Game of Thrones, réalisée par le journal Le Monde