Ce mois d’octobre, l’École du numérique ouvre son premier établissement à Auxerre. Le but : former les futurs professionnels du web pour répondre au manque de main-d’œuvre au niveau local comme national. 

HTML, CSS, PHP… Si ces langages informatiques vous sont familiers, peut-être devriez-vous vous inscrire au prochain concours d’entrée de l’École du numérique, qui a ouvert ses portes le 10 octobre à Auxerre. Installé dans des locaux accolés à la gare SNCF (côté parking), l’établissement formera entre 15 et 20 étudiants au métier de développeur-intégrateur web, un des profils les plus recherchés sur le marché du travail.

Chargé de construire des programmes et des applications pour Internet et mobiles, le développeur web maîtrise l’ensemble des techniques et langages informatiques, et notamment le codage, suite de symboles alphanumériques qui se traduisent en textes et en images sur nos écrans. Un savoir-faire indispensable aux entreprises du numérique, mais aussi aux autres secteurs, qui doivent proposer de plus en plus d’interactivité à leurs clients. « Il y a actuellement plus de 20.000 postes à pourvoir en France. La moitié des entreprises qui embauchent des développeurs font partie de la filière numérique, et l’autre moitié est constituée d’entreprises lambdas », explique Alain Assouline, président-fondateur de WebForce3, la société parisienne à l’origine du projet.

Depuis l’ouverture d’un premier établissement à Paris en 2014, le réseau d’écoles du numérique s’est étendu dans toute la France, de Lille à Marseille, et devrait atteindre 25 sites d’ici la fin de l’année. Au programme, une formation intensive de trois mois et demi à raison de sept heures de cours par jour, qui prévoit l’accès à une plateforme en ligne pour travailler le soir et le week-end. Le public visé est large : personnes avec ou sans qualification, lycéens décrocheurs, étudiants, chômeurs et salariés en reconversion ou encore informaticiens seniors nécessitant une « remise à jour ». « Sur les 300 personnes que nous avons formées depuis deux ans, le taux de retour à l’emploi est de 85 %, indique Alain Assouline. Parmi ces personnes, il y avait des pâtissiers, des coiffeurs, et aussi un bûcheron… »

« Retenir les jeunes à Auxerre » – Guillaume Soudé, gérant de Visicod Communication

Après avoir travaillé pendant 12 années comme comptable, Jérémy Graf a connu plusieurs mois de chômage avant de réussir, en juin, le concours d’entrée à l’École du numérique d’Auxerre. À 30 ans, le résident de Villers-les-Pots (Côte-d’Or) a choisi cette formation autant pour ses débouchés que pour son goût de l’informatique. « Avec le contexte économique actuel, il n’y avait plus beaucoup de débouchés en comptabilité, explique-t-il. Je m’intéresse à l’informatique en loisir : je remets sur pied des ordinateurs et je bidouille un peu les sites web. Quand j’ai appris qu’une école s’ouvrait à Auxerre, j’ai tout de suite postulé. »

L’ouverture d’une tel établissement à Auxerre est « une excellente nouvelle » pour Guillaume Soudé, gérant de Visicod Communication, agence spécialisée dans la mise en place de solutions web à Saint-Georges-sur-Baulche. « Ça répond à un véritable besoin, se réjouit-il. Si on avait une école sur place qui puisse former les jeunes et les moins jeunes à apprendre les bases des techniques du web au sens très large du terme, ce serait vraiment intéressant. Ça permettrait d’avoir des compétences complémentaires pour des entreprises comme la nôtre et de retenir les jeunes à Auxerre, qui sont souvent obligés de partir étudier à Paris, Dijon, Troyes ou autres. Ce type de structures nous permettrait également d’accueillir des personnes davantage formées, qui seraient prêtes à travailler chez nous avec plus d’expérience, de bagages, etc. »

Pour pallier le manque de qualification au niveau local, Guillaume Soudé avait déjà pris les devants en créant un service de formation au sein de sa propre agence. La perspective d’une école du numérique constitue selon lui une opportunité « pour être d’avantage dans la création, le développement local et la capacité à pouvoir s’épanouir dans un domaine composé de beaucoup d’autodidactes, qui bénéficieraient de soutien et de compétences solides ».

 

Auxerre, futur « hub » du numérique en Bourgogne ?

Souhaitée depuis plus d’un an par Guy Férez, maire d’Auxerre, l’ouverture d’une école du numérique dans la capitale icaunaise vient s’ajouter aux multiples initiatives et entreprises locales dans le secteur du numérique : services informatiques, agences web et graphisme, fab lab, etc. « Une ville comme Auxerre peut servir de « hub » pour toute la région, affirme Alain Assouline, président de WebForce3. Lorsqu’on a des personnes formées sur un territoire, ça peut attirer les entreprises, qui peuvent être aussi séduites par les loyers modérés et la qualité de vie. »

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