Dans le hameau des Bries, les archéologues ont passé au crible 26,5 hectares de parcelles du futur parc d’activités d’Appoigny, dont les travaux devraient débuter l’été prochain. Du paléolithique à la période gallo-romaine, plusieurs milliers d’objets doivent à présent être répertoriés et analysés.

De mai à septembre 2015 et d’avril à octobre de cette année, le hameau des Bries à Appoigny a été le théâtre de l’un des plus grands chantiers de fouilles archéologiques de France. Sur les 26,5 hectares de parcelles du futur parc d’activités de la Communauté d’agglomération de l’Auxerrois, jusqu’à 40 spécialistes ont œuvré pour révéler des trésors qui remontent pour certains au début de la préhistoire. En 2013, au terme du diagnostic réalisé par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), l’intercommunalité s’était vue dans l’obligation de procéder à ces recherches archéologiques confiées, après appel d’offres, à l’agence Archéodunum.

« Malgré l’interruption causée par les intempéries, nous saluons la qualité des relations entretenues pendant toute la durée des opérations avec les différents acteurs de la Communauté de l’Auxerrois », se félicite François Meylan, le directeur des opérations de l’entreprise de recherches archéologiques basée à Glux-en-Glenne (Nièvre). Un constat partagé par Guy Férez, le président de la collectivité. Le grand public a d’ailleurs été invité à trois reprises sur le chantier à l’occasion des Journées européennes de l’archéologie et des Journées européennes du patrimoine.

Saint-Germain et une statuette étrusque

Du paléolithique à l’époque gallo-romaine, les fouilles archéologiques ont mis à jour dix-huit traces d’occupation humaine sur la future zone d’activités située à proximité de la voie dite d’Agrippa, qui traversait la Gaule, reliant Boulogne-sur-Mer à Lyon en passant par Sens et Auxerre. « Cette important axe de circulation, essentiel pour les échanges commerciaux, se trouve probablement en partie sous le tracé de l’actuel RN6 », souligne Fabrice Charlier, chef de projet chez Archéodunum. « C’est un écho amusant entre le passé et ce qui va être créé prochainement », complète François Meylan.

Parmi les milliers d’objets et de traces organiques retrouvés, les fouilles archéologiques ont notamment mis en lumière divers aménagements à destination agro-pastorale, des fours pour la conception de tuiles, des céramiques, des caches de lames en silex, des dépôts monétaires, etc. Datant du Ve siècle avant J.-C., une statuette étrusque « exceptionnelle par sa qualité et sa rareté », qui selon les spécialistes surmontait certainement un candélabre, suscite l’enthousiasme des archéologues. Comme la découverte de vestiges de céramiques et d’emplacements de bâtiments datant du IVe siècle avant J.-C., qui par leur spécificité renvoient aux parents de Saint-Germain d’Auxerre. Alors que le chantier d’aménagement du parc d’activité d’Appoigny devrait débuter à l’été 2017, Archéodunum doit désormais commencer son travail d’étude et d’analyse avant de remettre son rapport de fouilles et de restituer ses trouvailles.