En ce dernier jour du Dakar 2017, Yonne Media Magazine vous dévoile l’interview de Jean-Paul COTTRET réalisée par Camille Vandendriessche avant le départ !

Bravo à l’Auxerrois Jean-Paul Cottret, copilote de Stéphane Peterhansel et auteur d’une magnifique 7e victoire sur le Dakar 2017

Sept fois vainqueur du Dakar aux côtés de Stéphane Peterhansel, l’Auxerrois Jean-Paul Cottret fait figure de référence dans l’univers du rallye-raid automobile. Quelques jours avant sa 30e participation à l’épreuve mythique, qui se déroule cette année du 2 au 14 janvier, le copilote de 53 ans est revenu avec simplicité sur son remarquable parcours et sa passion dévorante pour le sport automobile.

 

Yonne Média Magazine : Comment le jeune mécanicien que vous étiez en est-il venu à participer au Dakar ?

Jean-Paul Cottret : Depuis tout jeune, j’ai toujours baigné dans la mécanique et le sport automobile. J’ai attaqué par de la mécanique traditionnelle, puis ça s’est conjugué avec de la mécanique de course. Sur les rallyes, comme le Dakar dans ses débuts, tout le monde empruntait la piste. Il fallait des mécaniciens dans les véhicules d’assistance pour pouvoir intervenir rapidement et réparer les voitures. Maintenant, les assistances suivent un parcours parallèle, plus aseptisé. Petit à petit, je suis resté plus dans le « baquet » qu’à l’atelier. Les grands espaces me plaisaient beaucoup. Copilote, ça me convient bien. Plus jeune, bien sûr, je voulais faire pilote, mais je prends aussi beaucoup de plaisir à être dans le véhicule et à ressentir des sensations. Aujourd’hui, de la construction jusqu’à la victoire – quand elle est là –, c’est un parcours assez fabuleux quand on est passionné de sport auto et qu’on aime la mécanique.

En quoi l’épreuve a-t-elle changé depuis votre première participation comme technicien en 1984 ?

Entre les débuts et la fin du Dakar en Afrique, ça avait déjà énormément évolué. Le Dakar a apporté beaucoup de notoriété à certains pays, comme la Mauritanie. La compétition pure et dure a aussi beaucoup évolué avec le matériel, en matière de fiabilité, de performance et de règles de navigation. Le Dakar sud-américain est différent en terme de terrain. Le profil est relativement montagneux, en altitude. On traverse plusieurs fois la Cordillère des Andes, selon les années, mais on a un peu perdu les parties désertiques qu’on avait en Afrique. Il y a moins de terrains hors piste avec des champs de dunes interminables et plus de pistes typées rallye.

Sébastien Loeb, votre coéquipier chez Peugeot, a-t-il des chances de l’emporter un jour ?

C’est un passionné, un grand travailleur. Un mec comme lui vient forcément pour gagner. Sur les parcours de rallye, on n’a rien à lui apprendre. C’est plutôt dans les spéciales, dans les dunes et les montagnes, qu’il doit encore progresser. C’est dur pour lui de perdre du temps, mais il faut savoir sacrifier quelques secondes pour gagner plusieurs minutes, voire des heures. C’est la nouvelle génération. Il est rapidement appelé à gagner, il en a les capacités. Avec Stéphane (Peterhansel), on essaie de  l’aider à progresser. Daniel (Elena, copilote de Sébastien Loeb) aussi s’est très bien mis dans le moule. C’est important de leur inculquer ce que l’on connaît, de leur apporter notre vision. On a quatre équipages soudés. La première motivation est de rapporter la victoire au constructeur.

À quoi ressemble votre quotidien en dehors du Dakar ?

Contrairement à du rallye traditionnel, on n’a pas le droit de reconnaître le parcours du Dakar. Donc toute l’année, on a des épreuves de test et de développement, comme le Silk Way Rally entre Moscou et Pékin en juillet. Les principales séances d’essais ont lieu au Maroc et en Espagne. Ça nous permet de garder le rythme. Il faut aussi un entraînement physique régulier. Je travaille beaucoup la nuque parce qu’on a le nez dans les notes et qu’on ne voit pas tous les chocs arriver. Il faut donc être vraiment musclé au niveau de la nuque et du dos. Entre les séances d’essais et les courses, je suis souvent dans la région auxerroise. Je prépare les courses à venir, et j’essaie aussi de voir du monde.

Jean-Paul COTTRET à AUXERRE