Ce 20 janvier à 18 heures (Paris), Donald Trump prêtera serment et succédera à Barack Obama à la présidence des États-Unis. Dans l’Yonne, certains ont observé le scrutin présidentiel d’un œil particulièrement attentif, comme Stuart Nichols, Julie Allerton et Terryl Kinder, trois Icaunais à l’accent « yankee ».

À plus de 6.000 km de la côte Est des États-Unis, l’Yonne semble bien loin des tumultes qui ont suivi l’élection de Donald Trump à la tête de la plus grande puissance mondiale. Le département abrite pourtant une poignée d’Américains comme le saxophoniste Ricky Ford à Toucy, l’artiste Judith Wolfe à Saint-Sauveur-en-Puisaye, ou la volleyeuse professionnelle Ariana Williams à Sens, qui ont probablement suivi la campagne présidentielle de près. Comme eux, Stuart Nichols et Julie Allerton, assistants en langue anglaise au lycée Fourier à Auxerre, ne sont pas restés insensibles au scrutin outre-Atlantique.

« Je suis l’élection, je regarde les débats et je lis les titres de la presse américaine, expliquait Julie Allerton, originaire de Bethlehem, en Pennsylvanie, avant le vote. Hillary Clinton est plus en phase avec les choses qui m’importent aux États-Unis. Elle s’intéresse plus à tous les Américains, plutôt qu’à ceux qui ont de l’influence et du pouvoir. Ici, nous avons souvent des questions d’étudiants qui nous demandent qui nous préférons, et si nous aimons Donald Trump ou pas. » Au lycée Fourier, la curiosité des élèves de terminale était d’autant plus grande que 25 d’entre eux sont partis en voyage de classe aux États-Unis au mois d’avril. Et pas n’importe où : au Texas, fief de l’électorat républicain et symbole d’une Amérique campée sur ses valeurs conservatrices.

« Un peu paralysée pendant plusieurs jours… »

Avant le 8 novembre, Stuart Nichols portait également un regard critique sur l’élection. « Je suis un peu préoccupé par toute l’émotion qu’elle suscite, confiait alors le natif d’Aiken, en Caroline du Sud. J’ai été assez déçu, sinon attristé, qu’il soit élu. Mes proches étaient aussi choqués que moi. Tout le monde disait que Clinton allait gagner, considérant que Donald Trump n’était pas taillé pour la Maison blanche. Pourtant, beaucoup ont décidé qu’ils le préféraient à Clinton. »

Présente dans l’État du Vermont au moment de l’élection, Terryl Kinder a également été surprise par l’issue du vote. « J’étais étonnée, même stupéfaite, comme la plupart des Américains. Aucun de mes proches ne l’avait imaginé, témoigne la professeure américaine installée depuis 1989 dans l’Yonne, où elle dirige la revue Cîteaux à Pontigny. J’étais un peu paralysée pendant plusieurs jours. Trump est presque entièrement imprévisible, surement parce qu’il ne comprend pas vraiment ce que c’est d’être Président. Mais le gouvernement américain et ses institutions sont stables, et il aura moins de pouvoir qu’il ne le croit. »

Un avis que ne partage pas complètement Stuart Nichols, qui a travaillé pour plusieurs partis démocrates et libéraux américains avant de rejoindre Auxerre. « Étant donné que les Démocrates ne contrôlent plus la moindre partie du gouvernement, je ne suis pas optimiste quant à leur capacité à être assez puissants pour s’opposer ou au moins modérer l’agenda républicain, estime le jeune homme de 24 ans. Je n’ai pas encore d’appréhension par rapport à mon retour [aux États-Unis], mais ma position évoluera peut-être quand tout le monde aura changé de bureau et commencé à promulguer leurs lois. Je vais encore réfléchir si je veux ou non revenir à la politique quand je rentrerai. Je vais peut-être vouloir rester aussi longtemps que possible en France pour continuer à améliorer mon français ! [rires] Je vais aussi essayer de suivre l’élection présidentielle française. Ce sera intéressant de voir comment la France se positionne dans cette apparente tendance globale au sentiment nationaliste et ’’anti-establishment’’. »

 

In God We Trump ou l’Amérique post-Obama

Reportage & photographies par Marie Curieux et Camille Vandendriessche

Quelques jours après l’élection choc de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, Yonne Média Magazine s’en est allée plonger dans l’Amérique de tous les possibles à travers ce reportage photos inédit. Du conservatisme des états du sud à l’exubérance de New York, immersion dans un pays à l’image de son futur président.