Interview de Guillaume LARRIVE :

Porte-parole du mouvement des Républicains depuis peu, Guillaume LARRIVE, député de la première circonscription de l’Yonne peaufine inexorablement sa stratégie d’hypothétique ministre à l’approche d’une future alternance gouvernementale. L’énarque icaunais gagne en épaisseur dans sa manière d’être et dans ses discours. Son omnipotence médiatique fait de lui un personnage clé, s’exprimant au sujet de nombreux dossiers. A commencer par celui de la lutte contre le terrorisme, son cheval de bataille. Mais, depuis Paris et l’hémicycle de l’Assemblée nationale, il n’en oublie pas pour autant les contraintes et réalités quotidiennes vécues par les Icaunais. Un département qu’il aimerait porter vers le firmament et le modernisme…

 Jamais le continent européen n’avait enregistré de tels flux migratoires depuis l’exode imputable à la Seconde Guerre mondiale. Quel est votre sentiment à ce propos ?

Le défi de l’immigration demeure une problématique européenne. Mais, il y a longtemps que l’Europe ne s’occupe plus ni de défense ni ne pèse au niveau militaire. Qui plus est, elle peine à proposer des solutions sécuritaires fiables. Car, au-delà du drame humain qui se joue à l’heure actuelle avec ces flux migratoires incessants, il y a aussi la réalité du terrorisme. Saviez-vous que seuls 23 % des migrants font l’objet d’une prise d’empreintes obligatoires à leur arrivée en Europe ! Le principe de Schengen et l’ouverture des frontières sont morts. Je suis opposé à cette ouverture des frontières tous azimuts et je fustige le temps perdu et l’inaction de l’Etat français à ce propos. Autre lacune de taille : le désarmement pénal. Je souhaite une Europe protégé qui ne soit pas perméable aux entrées illégales sur le territoire.

Vous dites, que le système économique actuel ne fonctionne plus. Qu’il est inefficace depuis 40 ans. Pourquoi ?

La France ne cesse chaque année d’occuper la place de leader mondial de l’imposition à outrance ! Peut-être, est-elle dépassée par la Corée du Nord ? Nous devons revoir l’ensemble du mode opératoire de la fiscalité. Celle qui frappe nos compatriotes. Celle qui pénalise le monde de l’entrepreneuriat. Il y a un décrochage au plan démographique de – 2,75 %. La stagnation économique s’est accentuée avec des retards de – 1,5 point malgré les taux d’intérêts très bas. Le chômage de masse concerne 5,7 millions de personnes. Quant au ministère du travail, il s’est progressivement mué en ministère du chômage ! L’appauvrissement des Français progresse avec une baisse du PIB par habitant de 6 % inférieur à la moyenne en Europe. Les dépenses de l’Etat se sont envolées. Sur un plan pragmatique, je suis favorable à la réduction d’un tiers du nombre de parlementaires. Y compris dans l’Yonne où un seul sénateur suffirait amplement…

Parlons justement de ce territoire que vous connaissez bien. Vous aimeriez qu’il reprenne des couleurs…

Oui ! En luttant contre la désertification médicale. En défendant les intérêts de l’agriculture. En encourageant les entrepreneurs à se développer. Promouvoir les territoires ruraux est une priorité. L’Yonne doit pouvoir disposer d’accès à la téléphonie mobile et à Internet de manière qualitative. Cela fait partie intégrante des grands enjeux. Or, aujourd’hui, j’ai le sentiment que sur ces différents dossiers, nous avançons au rythme d’un escargot neurasthénique ! Je suis révolté par l’ensemble des retards accumulés en Bourgogne. Des régions comme la Vendée, l’Auvergne ou les Pays de Loire possèdent des longueurs d’avance considérables par rapport à nous. C’est incompréhensible alors que nous sommes la porte d’entrée naturelle vers l’Ile de France et la capitale…

L’apprentissage n’est-il pas un moyen pérenne pour créer des passerelles entre les jeunes générations et les entreprises ?

C’est un dossier qui me tient à cœur ! Il y a tout à faire en France dans ce domaine. Le gouvernement socialiste a cassé la dynamique de la filière alors qu’il en prône les vertus et les applications. L’apprentissage doit être réhabilité dans l’intérêt des jeunes et des entreprises mais pas n’importe comment. Quant aux aides de mille euros à l’embauche, c’est grotesque ! Il faut créer un véritable plan d’urgence à l’emploi.

Sur un plan politique, vous vous définissez comme étant de droite et allié au centre droit et de ne pas entretenir de liens particuliers avec les socialistes et la gauche de la gauche. Mais, cela ne vous empêche pas de tendre la main à vos adversaires…

Je crois fortement aux valeurs du fédéralisme local et de l’intérêt général commun. Une seule observation concernant notre territoire : l’Yonne possède d’incomparables atouts grâce à notre situation géographique, notre identité viticole avec l’Auxerrois et le Chablis, nos arguments touristiques, notre gastronomie, certaines de nos pépites industrielles…Un projet tel que la Cité des Vins doit être accéléré et être en phase de réussir. La formation viticole/vinicole à Auxerre doit être envisagée avec Chablis et Irancy. Mais, il nous faut aussi mobiliser toutes les compétences au-delà des clivages habituels. Aujourd’hui, je tends la main au maire d’Auxerre, Guy FEREZ, président de la Communauté de l’Auxerrois pour travailler ensemble avec lui sur ces différents dossiers à valeur ajoutée économique. C’est vital : en 5 ans, Auxerre a perdu 2 000 habitants. Il nous faut inverser très vite la tendance afin de rester crédible aux yeux de nos concitoyens…