Bernanos, l’un des plus grands romanciers français du Xxème siècle

Né en 1888 et mort en 1948, il passe une grande partie de sa vie en Artois, territoire que l’on retrouve dans plusieurs de ses œuvres, comme dans Journal d’un curé de campagne.
Bernanos est un auteur engagé. Engagé dans la foi ; l’ensemble de ses ouvrages laissent transparaître un questionnement sur le mystère de la foi, la recherche du bien contre le mal, la miséricorde…

Le dialogue des Carmélites, rétrospective historique

Œuvre posthume de Bernanos, initialement écrite pour le cinéma, c’est Francis Poulenc qui donne ses lettres de noblesse à l’ouvrage, en l’adaptant à l’opéra lyrique.

En pleine Révolution, la jeune et naïve Blanche de la Force souhaite entrer au couvent, chez les religieuses du Carmel. Après avoir prononcé ses vœux, Blanche est contrainte de quitter le couvent, sous la force des baïonnettes et du chant de la Carmagnole, avant de se cacher afin d’éviter l’échafaud. Une guillotine promise aux carmélites qui refusent de se plier à l’exigence des révolutionnaires, celle de se retirer des Ordres. Certaines réussissent à s’échapper, dont notre héroïne, mais la plupart demeurent ensemble dans les griffes de la Terreur.

Fidèles à leurs vœux sacrés, les carmélites choisissent la mort. En psalmodiant le Salve Regina, elles montent au couperet, une à une, honorant leur vœux de martyr, prononcé précédemment. Dans la foule, regardant l’exécution, la frêle Blanche reprend la prière en se dirigeant vers le bourreau… L’antienne cesse, le rideau tombe.

Le courage de la foi

A l’époque où les biens du clergé deviennent biens du peuple et donc de l’État, les Ordres religieux sont dissous, il n’est pas recommandé de vouloir consacrer sa vie à Dieu !

Cette pièce de théâtre montre la vie quotidienne d’une dizaine de Carmélites, bouleversées par les aspects les plus noirs de la Révolution. Deux mondes viennent ici s’affronter : le monde du religieux, de l’ordre établi et le monde populaire révolté, souvent déiste et anticlérical.

Bernanos nous offre la vision d’une jeune carmélite, ne connaissant rien de la vie et qui va se retrouver malgré elle dans le désordre religieux de la Révolution.

« Sauvée » par les révolutionnaires du couvent, Blanche est face à un dilemme tragique : fuir et retrouver un semblant de vie loin du couvent ou rester auprès de ses sœurs, quitte à mourir sur l’échafaud. Et celle que nombre de ses sœurs considéraient comme novice et faible de caractère, étonnera par son courage à monter à la guillotine, en continuant à louer Dieu.

Une pièce qui prend aux tripes et amène au questionnement sur son propre courage. Peut-être verrons-nous Bernanos programmé au Théâtre de Sens ou Auxerre pour la prochaine saison !

Un extrait avec Jeanne Moreau qui saura peut-être inspirer les révolutionnaires du XXIème siècle


Le dialogue des Carmelites (1960) par asterix154